APIS

La Schistosomiase (Bilharziose)

La schistosomiase

INTRODUCTION :

La Bilharziose ou Schistosomiase fut découverte en 1852 par un médecin Allemand : Docteur Th. Bilharz Environ 250 millions de personnes sont atteintes de Schistosomiase dans le monde. Cette maladie endémique se situe au 2 éme rang des parasitoses, derrière le paludisme. 

Carte géographique de la Schistsomiase Haématobium

 sh2-3.gif

 

 

 

La Bilharziose existe sous diverses formes :

1 ) Bilharziose hépatosplénique ( intestinale ) due à :

SCHISTOSOMIASE MANSONI

2 ) Bilharziose urogénitale ( urinaire ) due à :

SCHISTOSOMIASE HAEMATOBIUM

3 ) Bilharziose arterio-veineuse ( hépatique ) due à :

SCHISTOSOMIASE JAPONICUM et MEKONJI

Elles entraînent souvent de graves incapacités physiques, sociales et économique, et, de concert avec les parasitoses principales, peut sérieusement affaiblir le potentiel productif des pays en développement.

La Schistosomiase est due à l'homme :

Les gens sont responsables de leur propre maladie. Les vers qui causent la schistosomiase urinaire vivent dans les vaisseaux sanguins qui entourent la vessie. Les femelles pondent des oeufs que l'on trouve dans les urines chez l'enfant. La présence d'oeufs s'accompagne toujours d'une hématurie ( sang dans les urines ). Les vers qui causent la schistosomiase intestinales vivent dans les vaisseaux qui entourent les intestins, les femelles pondent les oeufs qui se trouvent dans les selles. Environ la moitié de ces oeufs restent dans le corps et vont endommager le foie, la vessie et les reins. Si les oeufs expulsés du corps rencontrent de l'eau douce, un minuscule parasite qui se déplace très vite ( photo 1 miracidium ), sort de l'oeuf et se met à nager. Pour poursuivre sa croissance il doit trouver et pénétrer un mollusque. Dans celui-ci, le parasite se multiplie en milliers de petits parasites à queue fourchue ( les cercaires ),qui s'échappent dans l'eau au bout de 4 à 7 semaines. 

Cycle de la Bilharziose

cycle-de-la-bilharziose-07-2001.jpg

 

 

 

 

Assainissement et approvisionnement en eau :

C'est la solution la plus simple pour enrayer la schistosomiase. Si les gens construisent des latrines et s'en servent, ils ne seront plus contaminés par l'eau. Il est capital que les enfants apprennent à fréquenter les latrines et cessent d'uriner et déféquer dans l'eau. Si tous le faisaient, chacun pourrait se baigner sans risquer d'attraper la schistosomiase. De bons captages d'eau au village munis de pompes et de tuyaux, aident les habitants à se tenir à distance des eaux contaminés.

Education sanitaire et planification :

Les gens n'ont habituellement pas conscience de causer la schistosomiase et ne comprennent pas non plus comment ils l'attrapent. Dès qu'ils le savent, il faut en plus leur dire comment l'arrêter. Le meilleur moyen de les initier est de leur expliquer, dans leur propre langue, grâce à des agents qui savent s'occuper de schistosomiase. Le développement agricole est vital, parce qu'il aide à produire de la nourriture. Les projets d'irrigation, avec petites retenues et étangs qui contribuent à ce développement, doivent être soigneusement planifiés. La lutte contre la schistosomiase et l'éducation des riverains à son propos doivent commencer dès le début, avant que les problèmes de la schistosomiase prennent une ampleur incontrôlable.

Lutte contre les mollusques :

Il existe des produits pour tuer les escargots. En général ils coûtent cher et doivent être répandus dans l'eau par des spécialistes qualifiés. Les escargots savent s'enfouir pour échapper aux produits chimiques qu'il faut appliquer à de multiples reprises. Un moyen bien plus simple de se débarrasser des escargots est de supprimer la végétation. On peut supprimer les plantes des endroits où les enfants vont se baigner et où les femmes amènent leurs enfants lorsqu'elles vont laver le linge. Les escargots se plaisent bien sur les plantes et ne peuvent survivre sans elles.

 

Le Bulin

bul1.jpg

 

 

 

 

La Schistosomiase transmise à l'homme :

Les gens contractent la maladie dans l'eau. Les enfants adorent se baigner et patauger. Rappelez-vous qu'il faut les habituer à uriner et déféquer loin de l'eau dans les latrines. L'eau est un élément vital, elle fait pousser les récoltes et les maintient vertes. Les gens ont besoin de travailler dans l'eau pour s'occuper de leurs cultures, mais ils peuvent enrayer la maladie en se faisant soigner

Examen et traitement :

Un petit échantillon d'urine ou de selles est rapidement examiné au microscope. Si l'on trouve des oeufs du ver femelle, il y a nécessité d'un traitement. Dans les écoles, tous les enfants doivent être contrôlés une fois par an. Si la schistosomiase urinaire sévit dans le secteur, les maîtres des écoles peuvent surveiller les enfants pour dépister ceux qui urinent du sang: ceux qui en ont peuvent être infestés et doivent suivre un traitement.

De nouveaux médicaments sûrs et efficaces tuent les vers. Une fois tués, les vers cessent de pondre les oeufs qui endommagent diverses parties du corps et rendent les gens malades.

(Photo 1 ) CERCAIRE

 cercaire.gif

 

 

 

(Photo 2) VENTOUSE VENTRALE

ventouse-larve.gif 

 

 

(Photo 3) VER MALE ET VER FEMELLE

vers-male-et-femelle.gif

 

 

 

Ces photos sont celles de schitosomes prises au microscope électronique à balayage. Le ver femelle adulte, plus long et plus mince que le mâle, est retenu en permanence dans le sillon ventral du mâle.Pour assurer la fixation au vaisseau sanguin dans lequel vit le ver, le dos du mâle est recouvert de tubercules épineux (en bas de photo 3 à droite).

Les deux sexes s'attachent à la paroi du vaisseau par une ventouse ventrale épineuse (photo 2), ils se nourrisent de globules rouges par le suceur au bout du corps (à droite de la photo 2).

Vers adultes mâle et femelle

adulte.jpg

 

 

 

 

L'agent infectieux provoquant la schistosomiase est un Nemathelminthe (ou ver cylindrique) du genre Schistosoma. Il existe plusieurs espèces infectantes, selon la région dans laquelle on se trouve. Schistosoma mansoni (présenté à gauche) est responsable des infections intestinales en Afrique, Amérique du Sud, dans le bassin Méditerranéen et dans les Caraïbes. On trouve également Schistosoma intercalatum dans une dizaine de pays africains. La même forme d'atteinte est provoquée par Schistosoma japonicum et Schistosoma mekongi en Asie et dans le Pacifique. La forme urinaire de schistosomiase est causée par Schistosoma haematobium qui sévit en Afrique et dans le bassin Méditerranéen.

Symptôme typique de la bilharziose (University of Cambridge, 1999)

 symptome.gif

 

 

 

 

La femelle pond des centaines d'oeufs dont la moitié sont finalement rejetés par l'hôte dans l'eau.

 oeuf-de-schistosomiase-haema-2001.jpg

 

 

Oeuf de Schistosoma Haematobium

 oeufs-bilharziose-dans-biopsie-2001.jpg

 

 

Schistosoma haematobium dans biopsie vésiculaire

 Les oeufs de S.haematobium portent, à un des pôles, un éperon caractéristique. Ils sont pondus par paquets, dans la sous-muqueuse vésicale et sont éliminés avec les urines. La ponte journalière de chaque femelle est d'environ 300 oeufs. Les oeufs sont ovalaires et mesurent 115 à 170 um de long sur 40 à 70 de large. La coque est lisse, épaisse, transparente, et percée de nombreux pores ultramicroscopiques.

Les oeufs de Bilharzies rejetés dans le milieu extérieur avec les urines vont éclore dans l'eau douce si les conditions favorables sont réunies (température à 25-30°C, ensoleillement, pH neutre). Ils libèrent le miracidium qui va nager à la recherche de son hôte intermédiaire spécifique, le bulin.

 

sh8-es.jpg

 

 

 

Le Miracidium sort de l'oeuf

 

miracidium-sorti-de-l-oeuf-2001.jpg

 

 

 

Miracidium Sorti de l'oeuf

 

 sem-miracidium-2.jpg

 

 

 

Photo d'un Miracidium (Photo prise au scanner)

 

Les œufs de ces parasites infectent le foie, la vésicule biliaire, la rate, le rectum, les poumons, ceci en fonction de l'espèce considérée. Il arrive également que ces œufs se retrouvent dans le liquide céphalo-rachidien. Rarement fatale, l'infection la plus fréquente du foie peut cependant prendre un aspect chronique. Les symptôme de l'infection chronique, beaucoup plus répandue que l'infection aïgue, se distingue par une fibrose intense des tissus hépatiques autour des œufs.

 prazischema.jpg

 

 

 

 

atteinte-renale-bil-gentilini.jpeg 

 

 

Lésions urographiques

 rein-gau-gentilini.jpeg

 

 

 

Hydronéphrose gauche par urétérite segmentaire

Documents des Professeurs : M.GENTILINI et B.DUFFLO

 

Mission dépistage Bilharziose